L’ampleur prise par la consommation des compléments alimentaires (CA) dans notre pays et ses conséquences sur les plans de la santé et de l’économie ont poussé les pouvoirs publics à réglementer la commercialisation de ces produits.

Échaudé par ce qui est appelé l’affaire du “RHB”, ce complément alimentaire qui soignerait le diabète, le gouvernement a décidé d’instaurer un cadre juridique et réglementaire régissant la vente de ce type de produits. Depuis, discussions et réflexions ont été approfondies entre les différents intervenants. Le Premier ministère a créé un comité interministériel qui regroupe à la fois les représentants des ministères du Commerce, de la Santé, de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur. Un projet de réglementation est en cours de finalisation. Le constat établi fait ressortir d’importants vides qui subsistent dans le cadre réglementaire régissant ce genre de produits. Le projet de réglementation en gestation actuellement propose ainsi à ce que la commercialisation du CA soit assurée exclusivement par le pharmacien d’officine qui doit suivre une formation continue dans ce sens. Pour la production du CA, devrait-on appliquer impérativement la notion des BPF (bonne pratique de fabrication) pharmaceutique ? se demandent les membres de ce comité. La réflexion est également engagée pour exiger au pharmacien d’être responsable technique de la vente de ce genre de produits. Le Dr Meriem Hedibel, maître assistante en pharmacie galénique en poste au ministère de la Santé, propose, conformément à l’approche réglementaire préconisée, qu’une autorisation soit accordée pour l’exploitation de CA.
La certification des CA relèverait-elle des BPF-GMP ou suivrait-elle la méthode HACCP ? s’interroge-t-elle. Le Dr Hedibel estime indispensable de connaître les données relatives au produit, notamment sa composition qualitative et quantitative, un certificat d’analyses… Pour les CA importés, doit-on exiger qu’ils soient commercialisés au préalable dans le pays d’origine ? L’étiquetage devrait contenir, est-il suggéré, la dénomination de vente, les dates de durabilité et de limite de consommation, le pays d’origine, le nom, la marque déposée… Par ailleurs, l’on ne doit pas attribuer au CA les mentions de prévention, de traitement ou de guérison.
Par contre, des allégations nutritionnelles et de santé autorisées seront soumises à validation au sein d’une commission qui sera installée à ce propos. Un nombre croissant d’aliments vendus au sein de l’UE font l'objet d'allégations nutritionnelles et de santé. Une allégation nutritionnelle communique ou suggère qu’une denrée alimentaire possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques. Il s’agit par exemple des mentions “faible teneur en graisses”, “sans sucre ajouté” ou “riche en fibres”. Par allégation de santé, on entend toute mention utilisée sur les étiquettes, à des fins de publicité, ou sur des produits de marketing, selon laquelle la consommation d’un aliment donné peut avoir des bienfaits pour la santé. L’on peut citer l’exemple d’un aliment qui peut contribuer au renforcement des défenses naturelles de l’organisme ou améliorer les capacités d’apprentissage. “Pour cela, une liste d’allégations sera proposée”, indique le Dr Hedibel dans son intervention lors de la journée scientifique organisée hier par le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) sur les compléments alimentaires et les aspects réglementaires. La demande d’autorisation de commercialisation du CA, avoue le Dr Hedibel, doit être adressée par le fabricant ou l’importateur au service compétent au ministère du Commerce. Quant à la certification, le dossier doit être déposé au ministère de la Santé.

Source : Liberté