À retenir 

Le semaglutide est un agoniste des récepteurs du GLP-1 (GLP-1 RA) en administration hebdomadaire qui a obtenu une AMM Européenne au printemps 2018. Les résultats de la méta-analyse présentée ici suggèrent que chez des sujets souffrant de diabète de type 2,

les bénéfices d’une perte de poids sur la baisse de l’HbA1c seraient plus importants sous semaglutide en administration hebdomadaire qu’avec les autres GLP-1 RA ou les inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase 4 (iDPP-4). En revanche le semaglutide serait associé à une incidence d’effets indésirables gastro-intestinaux plus élevée. D’autres études sont maintenant nécessaires pour évaluer si ces résultats contribuent à améliorer le pronostic cardiovasculaire.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Bien que les agonistes des récepteurs au GLP-1 et les iDPP-4 agissent sur le système incrétine, il existe des différences entre ces molécules, d’où l’intérêt de mieux les évaluer les unes par rapport aux autres. 

Méthodologie

Une recherche systématique de la littérature et une méta-analyse ont été réalisées à partir des essais randomisés menés chez des diabétiques de type 2, comparant le semaglutide en une prise hebdomadaire aux autres traitements agissant sur le système incrétine. Les données comparant le semaglutide aux autres GLP-1 RA ont été analysées ensemble, de même que les données comparant le semaglutide et les iDPP-4.

Principaux résultats

Au total, cinq essais répondaient aux critères d’inclusion de la méta-analyse (trois comparaient le semaglutide à un autre GLP-1 RA (liraglutide, exenatide, dulaglutide), et deux le semaglutide à un iDPP-4 (sitagliptine)). Trois essais évaluaient le semaglutide en association, un essai en supplément d’un régime/d’exercices physiques ou de metformine, et un essai également en monothérapie. 

La diminution de l’HbA1c était significativement plus importante sous semaglutide par rapport aux autres GLP-1 RA ou aux iDPP-4, différence moyenne de -0,38% et -1,14% respectivement.

Par ailleurs les sujets traités par semaglutide avaient perdu plus de poids que ceux traités par les autres GLP-1 RA ou les iDPP-4 (-2,50 kg et -3,19 kg respectivement).

La réduction de la glycémie à jeun était également statistiquement plus importante sous semaglutide par rapport aux autres GLP-1 RA et iDPP-4 (-0,51 mmol/L et -1,1 mmol/L).

Enfin, une proportion plus importante de patients traités par semaglutide avait atteint l’objectif glycémique et l’objectif de perte de poids (≥5% ou ≥10%) par rapport aux autres patients.

Aucune différence significative n’a été mise en évidence en ce qui concerne l’incidence globale des évènements indésirables, des évènements indésirables graves, des diarrhées ou des pancréatites aiguës. En revanche, les patients traités par semaglutide avaient une plus forte incidence d’évènements indésirables conduisant à l’arrêt du traitement, comme des nausées et vomissements.

Principales limitations

Une forte hétérogénéité a été mise en évidence entre les différents essais sélectionnés. Et la méta-analyse porte sur un faible nombre d'essais.

Financement

Cette étude n’a pas bénéficié de financements privés ou publics spécifiques.

Source: 

Mishriky BM, Cummings DM, Powell JR, Sewell KA, Tanenberg RJ. Comparng once-weekly semaglutide to incretin-based therapies in patients with type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis. Diabetes Metab.2018 Sep 20 [Epub ahead of print]. doi: 10.1016/j.diabet.2018.09.002. PMID: 30243806