À retenir :

  • Des études épidémiologiques ont montré une corrélation entre le taux de vaccination par le BCG et le taux de morbi-mortalité du COVID-19
  • Les vaccins vivants auraient des effets bénéfiques non spécifiques sur certaines infections. Ces effets pourraient être liés à une action sur l’immunité innée
  • Le vaccin BCG a déjà démontré chez les enfants un effet protecteur non spécifique contre les infections respiratoires
  • Afin de déterminer si le BCG peut diminuer la fréquence et la gravité du COVID-19, plusieurs essais cliniques de grande ampleur ont déjà été lancés ou sont sur le point de l’être, notamment en France

Des essais cliniques ont été lancés dans différents pays afin de tester l’intérêt du vaccin BCG contre la tuberculose pour prévenir la survenue et la gravité de l’infection par le SARS-CoV-2.

Pourquoi s’intéresser au vaccin BCG ?

Des études épidémiologiques ont montré une corrélation entre le taux de vaccination par le BCG et le taux de morbidité et de mortalité du COVID-19. Cette corrélation n’est pas suffisante pour conclure à un réel effet protecteur de ce vaccin, mais cette piste mérite d’être explorée car elle n’est pas surprenante… En effet, les vaccins vivants comme le BCG, le vaccin contre la rougeole ou encore le vaccin oral contre la poliomyélite auraient des effets bénéfiques non spécifiques contre certaines infections. Le BCG a d’ailleurs déjà démontré chez les enfants un effet protecteur non spécifique contre les infections respiratoires. Ainsi, ce vaccin pourrait peut-être permettre de diminuer la fréquence et la gravité du COVID-19 en ayant une action sur l’immunité innée, qui est la première à entrer en jeu face à une infection. La piste du vaccin BCG paraît donc intéressante à creuser et doit faire l’objet d’essais cliniques rigoureux.

Quelles études sont prévues ?

Plusieurs essais cliniques ont déjà été lancés ou sont sur le point de l’être en Europe (Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne…) et en Australie. Ce sont des essais de grande ampleur (1.000 participants aux Pays-Bas et 4.000 en Australie) qui concernent les personnes à haut risque d’exposition au SARS-CoV-2, notamment le personnel soignant.

La France prépare la mise en place d’un essai clinique en double aveugle. L’objectif est de recruter au moins 1.000 participants non atteints par le COVID-19, en particulier des professionnels de santé. La moitié sera vaccinée par le BCG et l’autre moitié recevra un placebo. Les participants seront suivis pendant plusieurs mois et tous ceux qui auront des symptômes correspondant au COVID-19 seront testés. Il faudra attendre au moins 2 à 3 mois de suivi pour avoir des données fiables.

Si les résultats s’avèrent concluants, le vaccin BCG pourrait être utilisé en préventif pour réduire le risque d’infection et la morbi-mortalité liée au COVID-19. Pour rappel, en France, la vaccination contre la tuberculose n’est plus obligatoire depuis 2007 et n'est plus exigée lors de la formation ou de l’embauche des professionnels du secteur sanitaire et social depuis avril 2019.

Il est important de noter qu’en attendant les résultats de ces études, aucune donnée ne permet à ce jour de recommander une vaccination par le BCG pour se protéger du COVID-19.

Quid des autres vaccins vivants ?

D’autres vaccins vivants ont également montré des effets bénéfiques non spécifiques contre certaines infections. On peut ainsi envisager que le vaccin contre la rougeole soit également une piste contre le COVID-19. Cela pourrait peut-être expliquer pourquoi les enfants sont moins atteints que les adultes par cette nouvelle maladie. Les jeunes pourraient être protégés grâce aux vaccins reçus contre la rougeole et pour certains contre la tuberculose. À l’inverse, les personnes âgées ayant été vaccinées il y a fort longtemps ne bénéficieraient plus de cet effet protecteur. Mais tout cela reste encore hypothétique…

Références

Sources : INSERM. Le vaccin BCG pour combattre le Covid-19, vraiment ? 01/04/2020.

Vaccination info service. Tuberculose (BCG).