À retenir

Selon les résultats d’une étude néerlandaise, l’effet analgésique du paracétamol aux doses couramment utilisées n'apparaît pas inférieur au diclofénac, ni même à l’association paracétamol/diclofénac, tant au repos que lors des mouvements. Ces trois stratégies peuvent donc être utilisées indifféremment en première intention, avec les restrictions d’usage liées à chacune de ces molécules.

Pourquoi est-ce important ?

Les blessures musculo-squelettiques mineures (élongations, entorses, contusions, etc. en l’absence de fracture) représentent une cause fréquente de consultation. Elles sont généralement traitées par paracétamol, AINS sur prescription ou OTC, mais le choix entre ces deux types de molécules reste controversé.

Principaux résultats                        

  • 547 adultes présentant des blessures musculo-squelettiques mineures des extrémités (âge moyen 30 ans) ont été inclus dans l’étude et analysés en intention de traiter : 182 ont reçu du paracétamol, 183 du diclofénac et 182 l’association des deux.
  • La douleur mesurée entre l’inclusion et 90 minutes après la prise du traitement a diminué dans les trois groupes d’intervention.
  • Le paracétamol a permis de réduire les scores de douleur moyens évalués sur une échelle numérique (numeric rating scale (NRS) allant de 0 à 10) 90 minutes après l’administration du traitement de 1,23 point au repos vs -1,20 pour le diclofénac et -1,18 pour l’association des deux. L’atténuation de la douleur était un peu plus importante lors des mouvements : paracétamol -1,72, diclofénac -1,52, association -1,33.
  • Il n’y avait pas de différence significative dans la réduction des scores entre le groupe paracétamol et les deux autres groupes d’intervention à 90 minutes. Au repos, la différence était de -0,027 avec le diclofénac et de -0,052 avec l’association. Ces valeurs étaient respectivement de -0,20 et de -0,39 lors des mouvements (p<0,001 pour toutes les comparaisons), toutes dans la marge prédéfinie pour la non infériorité (0,75).
  • Les effets indésirables ont été équitablement répartis entre les trois groupes.

Méthode            

  • Cet essai de non infériorité, contrôlé, randomisé, conduit auprès de 2 cabinets de médecine générale et 2 services d’urgence aux Pays-Bas entre juillet 2013 et juin 2016, a inclus des sujets âgés de 18 ans ou plus ayant subi des blessures musculo-squelettiques mineures des extrémités.
  • Les participants ont été randomisés par bloc (1:1:1) pour recevoir du paracétamol 4.000 mg/j (4x1.000mg) par voie orale, du diclofénac 150 mg/j (3x50mg) ou une association de paracétamol 4.000 mg/j (4x1.000mg) et de diclofénac 150 mg/j (3x50mg) durant 3 jours consécutifs.

Limitations

  • La puissance de l’essai était insuffisante pour détecter des différences d’effets indésirables entre les trois groupes de traitement.
  • Tous les patients ayant été placés sous oméprazole, il n’était pas possible d’observer l’ensemble des effets indésirables, notamment sous diclofénac.

Référence: Ridderikhof ML et al. Acetaminophen or Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs in Acute Musculoskeletal Trauma: A Multicenter, Double-Blind, Randomized, Clinical Trial. Annals of emergency medicine, published online october 13, 2017. DOI: https://doi.org/10.1016/j.annemergmed.2017.08.041.

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